Petits fouineurs ayant accès à une tonne d’informations circulant dans les rues de Londres, les Irréguliers de Baker Street sont retravaillés dans une série mêlant enquêtes, énigmes, fantastique et surnaturel. Ce savant mélange suffira-t-il à nous convaincre que ces enquêteurs en herbe peuvent concurrencer le célèbre Sherlock Holmes ?

Crédits : Netflix / Matt Squire

Disponible sur Netflix ce vendredi 26 mars, la série Les Irréguliers de Baker Street signe une nouvelle production reprenant l’univers de Sherlock Holmes. C’est à Tom Bidwell que revient la création de cette série, avec une production et un casting 100% British. Les Irréguliers a de particulier qu’elle met en scène de jeunes ados, offrant leur talent et leurs facilités d’accès aux informations de Londres au service de Sherlock Holmes et de son associé en affaires, le docteur John Watson. Ce ne sont donc pas ces derniers qui se retrouvent être les protagonistes principaux.

Jessie, Béa, Spike et Billy forment un groupe d’enquêteurs en herbe qui évoluent dans une Londres menaçante, telle une ombre terrifiante au dessus des jeunes personnages. Les enfants des rues des œuvres originales laissent place aux adolescents qui récoltent non seulement des informations cruciales, mais apportent également un regard critique sur les événements et se révèlent bien plus malins qu’on ne pourrait le croire. Ils se retrouvent à devoir enquêter sur des phénomènes relevant de l’occulte et du paranormal, qui trouvent leurs origines dans « la brèche », passage entre le monde des vivants et celui des morts.

Comme avec les nouvelles de Sherlock Holmes, à chaque épisode sa propre enquête, bien que le fil conducteur de la mystérieuse brèche les relie tous entre eux. À la fois dérivée d’un classique, et d’un genre totalement décalé par rapport aux œuvres originales, Les Irréguliers de Baker Street réussit à nous convaincre que la relève de Sherlock Holmes est bien arrivée.

Du Sherlock Holmes tout sauf élémentaire

Crédits : Netflix

En terme de genre, la série contraste énormément avec les œuvres d’Arthur Conan Doyle, mais ce ne sera pas la première fois pour une production dérivée de l’univers de Sherlock Holmes. Après avoir été romantisé et assaisonné avec beaucoup d’action dans les films de Guy Ritchie, ou transporté dans une époque contemporaine avec la série BBC, l’univers de Sherlock Holmes est retravaillé dans un genre différent, mais qui n’est pas sans rappeler celui déjà exploré par Le Chien de Baskerville en 1959. La série ne s’en cache pas, le fantastique est au cœur de l’intrigue. Les enquêtes tournent autour d’événements surnaturels impliquant le plus souvent de la magie venue d’un autre monde. Ça passe ou ça casse, c’est un parti pris audacieux qui selon nous fonctionne bien avec l’univers des adolescents.

On apprécie tout de même les quelques détails faisant clin d’œil à la fiction de détective traditionnelle, comme la première enquête qui reprend les codes du crime dans un lieu clos. Au delà de ça, c’est une revisite totale que propose Les Irréguliers de Baker Street, dans un ton moins rationalisé mais beaucoup plus divertissant à sa manière.

Un regain de jeunesse et de dynamisme

Crédits : Netflix

Sherlock Holmes est presque complètement effacé de la série, ce qui donne la parole aux jeunes de quartiers qui deviennent les véritables héros de l’histoire. Ils apportent un regard neuf et juvénile à des œuvres vielles de plus d’une centaine d’année. Côté réalisation, quelques effets spéciaux récalcitrants ont parfois eu du mal à nous convaincre. Heureusement on les compte sur les doigts d’une main pour cette première saison et, une fois que l’on passe au dessus, la série nous plonge vraiment dans son ambiance. Les effets de zoom rendent la série vraiment plus dynamique sans pour autant qu’elle ne devienne trop immature.

Les transitions sont quant à elles assez déroutantes, les scènes passant souvent du coq à l’âne sans prévenir. Si c’est surprenant les premières fois, cela ajoute en fait de l’originalité à la série qui ne se prend finalement pas trop au sérieux. C’est même assez comique quand on passe d’une scène plutôt osée à une scène d’épouvante en un clin d’œil. Par ailleurs, cet aspect de la série participe également à son originalité. Jonglant entre des scènes assez sanglantes et des jump scare de temps à autre, le petit côté horreur de la série engage pleinement les émotions du spectateur. À ce sujet, la série nous rappelle Penny Dreadful de John Logan, une série Netflix qui elle aussi reprend les codes de la littérature victorienne sous l’angle de l’épouvante, même si Les Irréguliers de Baker Street est beaucoup plus abordable pour les plus sensibles des spectateurs.

Des personnages haut en couleurs

Crédits : Netflix

On retrouve en tête d’affiche un casting britannique cinq étoiles, dont certains acteurs se démarquent plus que d’autres dans l’interprétation de leur rôle. On décerne une mention spéciale à Thaddea Graham (Us) qui joue le rôle de Bea, la dirigeante du petit groupe d’enquêteurs et l’intermédiaire entre eux et Watson. Indépendante et forte, elle réussit à nous émouvoir jusqu’aux larmes à certains instants.

McKell David (Snatch), qui interprète Spike, apporte un vent de fraîcheur qui fait du bien à la série entre deux scènes un brin angoissantes. Il interprète son rôle à merveille, apportant une touche de légèreté à la tonalité dramatique de la série.

Toutefois, la vraie pépite de la série reste l’adaptation du personnage de John Watson, brillamment interprété par Royce Pierreson (The Witcher). Loin de l’image du docteur rarement impliqué et un peu simplet, Watson est ici un homme bien plus mystérieux et engagé puisqu’il parle à lui seul au nom de son associé. De plus, son côté manipulateur, violent et ténébreux atteste d’une profondeur de caractère très convaincante.

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