Accusé d’avoir contribué à réprimer la minorité ouïghoure en Chine à l’aide d’un logiciel de reconnaissance faciale, le géant Huawei invoque aujourd’hui un droit de réponse.

Crédits : Huawei.

Hier, Huawei a été la cible de nouvelles accusations de taille. Et aujourd’hui, elle a choisi d’y répondre. Le journal américain The Washington Post et le cabinet d’enquête spécialisé dans la vidéosurveillance, IPVM, ont affirmé avoir mis la main sur des documents prouvant que la firme chinoise avait contribué à l’élaboration d’un système de reconnaissance faciale plus que problématique. Ce dernier ciblerait spécifiquement les Ouïghours, une minorité turcophone concentrée dans des « camps de rééducation et de formation professionnelle » dans la région chinoise du Xianjang. Le logiciel permettrait même d’émettre une « alerte Ouïghour » s’il parvenait à identifier une personne répondant à des critères morphologiques attachés aux Ouïghours ailleurs sur le territoire chinois. Suite à la publication d’un article précédent sur la question, Huawei Consumer France a contacté le Journal du Geek par mail afin d’invoquer un droit de réponse, concernant cette affaire. Nous vous partageons donc sa réaction officielle en intégralité :

« Nous ne développons pas d’algorithmes ou d’applications dans le domaine de la reconnaissance faciale, mais uniquement des technologies à usage général qui se fondent sur les normes internationales en matière d’apprentissage automatique et d’intelligence artificielle. Huawei ne contribue pas à l’aspect serviciel qui détermine comment les solutions technologiques à usage général sont utilisées.

En outre, l’article du Washington Post fait référence à un test qui n’a pas eu d’utilisation commerciale. Selon le Washington Post, le porte-parole de la société Megvii a déclaré que les applications de cette société ne sont pas conçues pour identifier des groupes ethniques.

Nos produits et solutions sont en conformité avec les normes de l’industrie et les règlementations concernées. » – Huawei Consumer France

Dans le même temps, l’AFP rapporte aujourd’hui sur Twitter (ci-dessous) que l’une des égéries de la marque chinoise, le footballeur français Antoine Griezmann a décidé de mettre un terme à son partenariat avec Huawei. L’ambassadeur de la marque depuis 2017 a préféré s’en détacher en invitant « Huawei à ne pas se contenter de nier ces accusations, mais à engager au plus vite des actions concrètes pour condamner cette répression de masse (et) user de son influence pour contribuer au respect des droits de l’Homme et de la Femme. »

« Suite aux forts soupçons selon lesquels l’entreprise aurait contribué au développement d’une « alerte Ouïghour » grâce à un logiciel de reconnaissance faciale, j’annonce que je mets un terme immédiat à mon partenariat », a écrit l’attaquant, ambassadeur de Huawei depuis 2017 #AFP

— Agence France-Presse (@afpfr) December 10, 2020

Par ailleurs, selon France 24, l’ONG américaine de défense des droits de l’Homme, Human Rights Watch (HRW), affirme avoir mis la main sur une liste de deux milles détenus musulmans arrêtés entre 2016 et 2018 à Aksou, au Xianjang, après avoir été « signalés » par un logiciel relevant les comportements suspects. Ce dernier, sans affiliation confirmée avec celui supposément co-développé par Huawei, serait intégré au dispositif de surveillance installé dans la région. Le hic : seuls 10% des personnes arrêtées auraient été accusées de « terrorisme » ou « d’extrémisme ». La majorité restante aurait été uniquement la cible d’un « signalement » simple, relevant de comportements a priori légaux.

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