Dans le cadre du programme NIAC (Innovative Advanced Concepts), la NASA vient de financer la construction d’un radiotélescope sur la face cachée de la Lune. Baptisé FarView, le projet implique également l’Université du Colorado Boulder et Lunar Resources. Les scientifiques utiliseront des rovers pour édifier un réseau massif et complexe de fils et d’antennes sur une surface de 400 kilomètres carrés. Ainsi, ils pourront observer le ciel via des ondes à basse fréquence avec plus de clarté.

La NASA a choisi l’endroit le plus calme qui soit pour placer un télescope, loin de la Terre et de ses bruits. L’installation permettrait de mieux écouter l’Univers et de réaliser des études plus approfondies. Les scientifiques pourraient avoir la possibilité de remonter jusqu’à l’âge des ténèbres cosmiques, lors de la formation des premières étoiles.

Crédits Pixabay

Selon les opérateurs de radiotélescopes, les appareils fonctionnent mieux dans des endroits isolés. Il leur a toujours fallu établir des zones d’exclusion pour entendre le ciel sans interférence, en excluant les téléphones portables et le wifi.

Mais comment construire sur le sol lunaire ?

Construire un observatoire sur la Lune relève d’un défi énorme. Toutefois, les scientifiques ont déjà su démontrer la fiabilité de ces idées innovantes et leur solidité du point de vue technique, même s’ils n’en sont qu’au commencement. D’une certaine manière, ce projet offre un aperçu sur toutes les possibilités en matière d’exploration spatiale.

Pour réduire les coûts, les ingénieurs prévoient de construire FarView à partir du régolithe lunaire, c’est-à-dire avec les matériaux disponibles sur la Lune. Le fait est que le protocole de l’agence met en avant l’application de l’ISRU (utilisation des ressources in situ) en ce qui concerne l’exploration lunaire et martienne.

« FarView est à seulement 10% du coût du télescope James Webb et peut être utilisé pendant plus de 50 ans. »

Dr Alex Ignatiev, directeur de la technologie de Lunar Resources

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Le régolite sera la matière première

Selon Ignatiev, le régolite de la Lune est un mélange d’oxydes métalliques. Sur Terre, il est fait d’une grande quantité de fer dans la mer et d’aluminium dans les Highlands. Des éléments comme le silicium et le magnésium seraient également disponibles partout sur le satellite naturel.

« Notre défi est de briser cette liaison régolite-oxygène afin d’obtenir des éléments bruts en utilisant des courants électriques. »

Ignatiev

Ainsi, deux techniques seront utilisées. L’électrolyse du sol lunaire permettra de séparer les métaux de l’oxygène. Ensuite, les ingénieurs entrevoient la réduction des matériaux en fines couches, en forme de feuille. Lunar Resources dispose déjà d’une certaine expérience sur ces méthodes.

L’équipe prévoit également de construire des panneaux solaires et des batteries à partir de régolithes afin de fournir des sources d’énergie pour le télescope.


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